Ces réflexions sont basées sur le programme lancé par le Parti Communiste Français lors des élections présidentielles
(et législatives) de 2002.

(20/02/02, Frédéric COTTA)

Je ne suis pas favorable à la régularisation massive des « sans papiers ».
C'est donner au mauvais signal aux passeurs et aux profiteurs qui extorquent de l'argent aux miséreux qui veulent se rendre en France ou en Europe, croyant y trouver une vie meilleure, avec les fins tragiques que l'on connaît : sangate et le poids lourd avec la centaines d'immigrés clandestins morts de froid dedans.
Il faut une amélioration des conditions de vie sur place par une ingérence directe de l'Europe, impulsée par la France et un " prix minimum garanti " directement versé aux exploitants (pas aux gouvernants bananiers qui utilisent les fonds pour faire les guerres et leur enrichissement personnel) ainsi que des a ides à l'éducation, à la santé et à la contraception dans les pays les plus pauvres. Un proverbe asiatique dit en substance : « donne du poisson à un mendiant et il aura besoin de toi pour vivre; apprend lui à pécher et il se débrouillera tout seul ».
La France doit se doter d'une vraie politique d'immigration "à la canadienne" : tu sais parler la langue, tu as des compétences que l'on peut utiliser ? tu es le/la bienvenu(e) car la France n'as pas vocation à accueillir la misère du monde, mais bien à faire progresser les pays sous développés.
Dans la même optique, je suis défavorable au droit de vote des étrangers, y compris Européens, lors des échéances nationales (fausse bonne idée) : la France doit rester maître de sa destinée et ne dois pas subir d'influences extérieure. Que penser de milliers d'américains venant élire Georges W. Bush chez nous ?

Il faut une augmentation des salaires et des minima sociaux. Sauf pour le RMI : il faut donner envie aux gens de travailler avec une nette différence entre smic et RMI car ce dernier est un revenu d'insertion, une situation transitoire, pas un salaire pour rester oisif ou acheter la paix sociale comme le pense certains.
Je peste déjà, en tant que smicard lorsque je me rends compte que certains (faux?) RMIstes ont un train de vie supérieur au mien qui me lève le matin et me crève la patate pour ramener mon maigre salaire (amputé par les frais professionnels que l'on connaît).
Je suis favorable à une augmentation progressive du SMIC, des retraites et de l'AAH (allocation pour les handicapés). L'idée défendue ici est de donner envie aux gens d'aller travailler et de dépasser la mentalité : "pourquoi je me lève ? pour gagner 200 Euros de plus ?".Au niveau EUROPEEN, il est urgent de créer un des minima de travail : salaire minimum, couverture sécu et "assurance chômage" minimale . Il convient de créer une nouvelle dynamique sociale pour relever l'Europe financière.

Dispositif d'allégement des charges sur les bas salaires.
Dès les prochaines augmentations du smic, je propose que les salaires inférieurs à 1 700 Euros ne paient plus de charge sur ladite augmentation. Par exemple, sur une base 100, lors de l'augmentation de 20, cela passe à 120. Selon le système actuel, sur les 120, il reste 102 une fois les charges enlevées, et encore. Avec cette idée, cela permettrait aux salariés de conserver réellement l'augmentation du pouvoir d'achat de 20 sans la taxer, le reste du salaire (100) étant soumis aux prélèvements habituels. (cette idée que j'ai envoyée par mail à l'assemblée nationale (il y a deux ans) a été reprise, à ma grande surprise, par Gilles De Robien lors d'une émission sur France 3).

Je suis résolument opposé à une nouvelle ponction sur les entreprises. Les charges sont trop nombreuses et je suis contre l'idée de cotisation additionnelle sur les revenus financiers. Certes, je défends la taxe tobin mais il faut l'appliquer de façon ciblée sur les entreprises qui ne produisent rien mais qui font des bénéfices. Je suis également contre une augmentation de l'impôt sur la fortune. En effet, déjà que de nombreux français grugent le fisc et vont "résider" dans un pays étranger pour y échapper, il serait grotesque d'augmenter un impôt sur une assiette plus faible.

En ce qui concerne le droit d'intervention des salariés dans les entreprises : la seule méthode à l'heure actuelle pour se faire entendre est d'être actionnaire de l'entreprise. Nous savons ce qui reste à faire : nous ré-approprier (par le biais de l'actionnariat salarié) les actions détenues par les fonds de
pension anglo-saxons.

Il faut que nos citoyens se souviennent que résider en France, c'est avoir des droits mais également des devoirs. Il faut que l'état investisse de façon sérieuse dans l'avenir des populations. Il faut renouer le dialogue avec les points de non droit et que les compétences de chacun des serviteurs de l'état apportent à ces zones plus de calme, de sérénité et d'éducation. Développer des espaces verts où l'on peut se sentir bien, reformuler le cursus scolaire pour les élèves en grande difficulté, créer des zones d'accueil du public plus chaleureuses et moins cloisonnée doit permettre d'appliquer une politique de rép ression accrue sur la petite délinquance qui mine l'aspect et le moral de ces quartiers.

Les citoyens demandent un contrôle accru de l'État et des collectivités territoriales, de leurs dépenses et de l'usage qui est fait de la force publique avec une "unité de mesure commune". La cour des comptes fait mal son travail et n'a que peu de pouvoir de sanction. D'une part parce que le cadre législatif est flou et d'autre part par manque de moyens.

L'état dépense énormément en frais de fonctionnements. La mise en évidence de caisses noires et de divers dysfonctionnements fait peur quand à leur vraie utilisation. Pour ma part, je pense qu'il faut une réforme des institutions pour aller au plus près des citoyens.
Il faut qu'une fois par mois se tienne un conseil de quartier qui fasse remonter les aspirations du plus grand nombre auprès du conseil municipal. Ce conseil de quartier pourrait être tenu par l'un des conseillers municipaux dont dispose la commune avec l'éventualité d'un roulement. Dans la même optique, il faudrait un représentant de chaque commune auprès du conseil général, puis un représentant de chaque conseil général à la Région. Ainsi serait garanti de façon correcte la transmission des demandes des citoyens.
Le Sénat est une institution qui sert de retraite dorée aux politiques. Il n'assure plus désormais son rôle d'arbitre et de sage. Le plus souvent, il sert les intérêts d'un parti politique majoritaire au détriment des autres. Je propose (ça va faire jaser) de supprimer le Sénat et le remplacer par un collège de 94 membres du conseil constitutionnel, un par région. Ceux ci seraient désignés parmi les juges et avocats compétents (spécialisés dans le droit constitutionnel) par tirage au sort.

Je demande le >gel des directives Européennes sur la concurrence sur les trains et les transports en commun : menaces sur notre sécurité. Il suffit de voir les problèmes engendrés en Angleterre sur le train et en Italie (ou aux États-Unis) sur les aéroports. Mais les même directives peuvent s'appliquer à EDF/GDF et d'autres entreprises publiques car cela ne peut leur faire que du bien. Dans le contrat présenté par le parti Communiste, les services publics sont mis en avant comme indispensables. Une reconnaissance de l'état et de ses citoyens du travail accompli, par le biais d'une journée portes ouvertes par an me semble indispensable pour que les citoyens sachent apprécier leur services publics.

Je pense qu'une réforme du code de la fonction publique s'impose, surtout en ce qui concerne la gestion des ressources humaines, matérielles, et financières.
L'état se doit d'utiliser les ressources existantes (meilleure gestion humaines) afin d'évaluer et de pourvoir correctement les postes nécessaires.
Tout d'abord pour assurer la transparence dans la progression de carrière, je suis pour la création d'une entité indépendante chargée de contrôler l'activité des services et que le "pouvoir de notation" ne soit plus accordé aux chefs de services (il est tellement facile de s'en faire un ami ou un ennemi suivant votre couleur politique, la couleur de votre chemise ou la hauteur de votre jupe ...).
Le "copinage" tue une partie de la fonction publique et l'on se retrouve avec ces aberration qui font hurler nos concitoyens comme des files d'attente aux guichets des mairies ... Une sanction pécuniaire et sur la progression de carrière sur les fonctionnaires profitant du système doit être prévue, puisque l'important est de garantir le statut.
Dans la même logique, on ne peut supporter les contrats précaires chargés d'effectuer les petits travaux délaissés par les fonctionnaires en postes. Je suis contre l'accès de TOUS les emplois jeunes à un métier stable dans la fonction publique. Non à l'assistanat. Oui à une vraie politique d'embauche basée d'une part sur le mérite et d'autre part sur un réel concours réservé. Il faut impérativement supprimer l'ensemble de ces contrats précaires et les remplacer par des contrats de fonctionnaire de catégorie ''C''.

En ce qui concerne les hôpitaux, afin de garantir les repos légaux dus aux infirmiers et infirmières qui travaillent énormément à la santé des patients, il faut créer un nouveau métier de surveillant d'hôpital qui serait chargé de dédouaner les infirmier(e)s des taches répétitives et qui n'ont pas de lien direct avec leur métier. Les équipes de nuit seraient composées d'1 infirmier(e) pour 3 surveillants avec une augmentation de salaire des infirmiers et des créations de postes.

Les militaires, et au premier rang ceux qui font la sécurité des citoyens, ont de plus en plus de peine à contenir leur malaise face à la montée de la violence urbaine. Il est urgent de prendre en compte leurs demandes tout en rappelant leur devoir de réserve. Cependant, j'ai du mal à entendre les revendications de personnels qui sont pour la plupart enfermés dans des casernes à longueur d'année à simuler les guerres ... Je propose que ceux-ci fassent partie intégrante du dispositif de sécurité intérieure. En effet, 2 militaires en plus pour accompagner la police permettrait d'accroître les effectifs à moindre frais. Il n'est cependant pas question d'y substituer les besoins d'embauche dans la police; tout au plus de renforcer l'image de cohésion nationale pour la sécurité de tous.

J'opte également pour une réforme de la Justice (proximité, peines "automatiques" pour les délits les plus courants. Pas de nécessité de passer devant un juge pour un "flag" concernant les délits.)

Le guichet unique peut être une bonne idée, à condition d'avoir les locaux, les moyens, les fonctionnaires nécessaires et compétents sur chacun des domaines. Rendre service à un usager de mairie n'est pas la même chose que d'aller aux ASSEDIC, à l'Anpe ou à la Sécu. Comment est il possible d'envisager une pluralité telle et l'argent pour ? Trouverons nous des fonctionnaires acceptant de travailler après 17H ?

En ce qui concerne les négociations qui paralyse les services publics. l'idée est de mettre en place un contrat moral entre direction et syndicat pour une avancée sociale "à l'allemande" : de la négociation réelle avant les grèves. Cela donne une mauvaise image de marque et donne aux usagers l'impression d'être pris en otage, sans compter les pertes de salaires qui s'en suivent pour la majorité d'entre eux.

Et voilà ... ce fut long. En tant que militant communiste (et oui, on dirait pas comme ça) j'espère que mes propositions feront l'objet d'un vrai débat, d'un échange d'idée. Merci de m'avoir lu. Je mettrais à jour si vous m'apportez des idées.
Bonne soirée à tous.

Frédéric COTTA